Solidaire de l'instant


Dix heures, c'est la moyenne.



C'est ce qui est devenue ma nouvelle norme lorsque j'ai cessé de travailler. Mon corps accepte de sortir du lit après un 10 heures sous la couette. Je pressentais cette cure de rattrapage éphémère mais elle persiste.

Le café. Premier objectif de la journée ou plutôt le deuxième, le premier étant de sortir du lit. Rigueur ! Ne pas brouiller les chiffres. Un ou deux pas plus. Le café. Bien noir. Bien fort.

C'est ce qu'il faut pour partir la machine, dégourdir l'esprit et le corps. Avec le café, il faut le temps.


Le casse-tête permet au café et au temps de faire son œuvre. Lorsque Galarneau daigne se montrer la binette, il inonde la table et pointe les pièces qui n'attendent que d'être choisies pour s'emboiter. Je pige. Je place. Agréable quand tout s'emboite.

Spécialement les pas. Ces pas qui coordonnent la routine déjeuner-santé, hygiène corporelle et marche aux alentours. Des alentours tranquilles. Quelques nouveaux marcheurs. Quelques bonjours, quelques sourires, quelques absences. Les objectifs de la journée s'empilent.


La saison porte à la petite soupe, légère et réconfortante à la fois. Elle fait du bien à l'âme, comme la salade fraiche qui la remplacera bientôt, j'espère. Le solstice de l'amour approche, les oiseaux ont commencé à l'annoncer. Il fera bon.


Pour l'instant, cette cadence permet la sieste, douce au corps. Un assoupissement paisible au son de la radio. La radio qui enterre les hamsters prêts aux grandes questions philosophiques dès que les chaires s'étalent de tout leur long sur le canapé. La radio enterre. Les hamsters sombrent.


Une heure, c'est la moyenne. Quelques minutes de plus pour sortir d'un sommeil surprenant qui mènera vers le but ultime. Se nourrir. En solo, en duo, parfois en trio. Tous les efforts rassemblés, tissés serrés, pour concocter de l'énergie en calories. Alimentation particulière, exigences particulières, contraintes particulières. Allons-y pour l'effort de guerre ! Nouveauté. Réussite. Échec. C'est selon. L'artillerie sale, toujours présente, déployée dans son tank quand la motivation tient ou étalée en corps morts sur le comptoir quand le courage manque.


Aucunes obligations ce soir. La tisane agrémente la soirée. Un bon bouquin. Pas de lendemain à préparer. Seulement rester chez soi. Reprendre la même liste d'objectifs.

Revivre le même quotidien.


Ce que l'on nomme isolement volontaire, je le nomme invalidité permanente.

2190 jours.



AUTEURE

Isabelle Goupil

ÉDITEUR

Richard Desmarais

 Adjoint aux

COMMUNICATIONS

Richard Leblanc

438-476-7199

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ILLUSTRATRICE

Julie Miville

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